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6 févr. 2026

Grandir en confiance

Comment la psychomotricité soutient la confiance en soi ?

La confiance en soi chez les enfants se construit à partir du corps : c’est le sentiment d’être capable d’agir, d’essayer et d’apprendre, parce qu’on s’est senti soutenu et en sécurité dans ses expériences motrices.

Avant même de pouvoir penser “ je suis capable, un enfant doit le vivre corporellement.

La confiance en soi se construit dans l’expérience corporelle

Dès la petite enfance, les enfants découvrent le monde par le mouvement : se retourner, ramper, grimper, tomber, recommencer.

Henri Wallon, pionnier de la psychologie du développement, montrait déjà que le développement psychique de l’enfant est indissociable de son développement moteur et émotionnel.

La psychomotricité s’appuie sur cette idée fondamentale : le corps est le premier médiateur de la relation à soi et au monde.

Lorsqu’un enfant agit avec son corps et perçoit qu’il peut influencer son environnement, il construit ce que la psychologie nomme “un sentiment de compétence” qui est une base essentielle de la confiance en soi.

Comment favoriser le développement de la confiance en soi ?

Valoriser les efforts plutôt que les résultats

Féliciter un enfant pour son engagement, sa persévérance ou sa créativité l’aide à comprendre que ce qu’il fait compte davantage que “réussir parfaitement”. À l’inverse, valoriser uniquement le résultat peut fragiliser la confiance et créer une angoisse de performance.

Par exemple, au lieu de dire “Bravo, tu as réussi”, dire plutôt “J’ai vu comme tu as essayé, même quand c’était difficile”.

Encourager l’autonomie… à son rythme

Faire seul, essayer, se tromper puis recommencer sont des piliers essentiels de la confiance. Un adulte qui fait systématiquement à la place d’un enfant, même avec de bonnes intentions, lui envoie le message qu’il n’est “pas capable”.

Cela ne signifie pas laisser un enfant seul face à la difficulté, mais ajuster son aide : être présent, donner des indications verbales ou gestuelles adaptées au besoin réel… Même si cela prend plus de temps !

Changer de regard sur l’erreur

L’erreur n’est pas un échec : c’est un outil d’apprentissage. Chaque tentative imparfaite est une manifestation normale du développement moteur.

L’erreur est le signe d’un apprentissage en cours. Elle traduit un dialogue actif entre le corps, le cerveau et l’environnement. Chaque essai permet d’affiner progressivement le geste, participant à la construction du schéma moteur.

Lorsque l’enfant comprend qu’il a le droit de se tromper sans être jugé, il ose davantage et développe une confiance durable.

Offrir un cadre sécurisant et prévisible

Les enfants ont besoin de règles claires et constantes. Ce cadre leur permet de se sentir en sécurité, ce qui est indispensable pour explorer, essayer et prendre confiance.

Un cadre sécurisant n’est pas un cadre rigide : il laisse une place aux émotions, aux besoins et à l’individualité de chaque enfant.

Accueillir et nommer les émotions

Le mouvement mobilise aussi les émotions : excitation, peur, fierté, frustration.

En les nommant, les accueillant et les valorisant, on aide les enfants à faire le lien entre ce qu’ils ressentent dans leurs corps et ce qu’ils vivent émotionnellement. Cette conscience corporelle et émotionnelle est un pilier fondamental de la confiance en soi.

Chez The Little Gym, nous créons un environnement qui soutient la confiance des enfants :

  • Nos activités sont pensées pour favoriser l’essai, l’exploration et la progression, pas la performance.
  • Chaque enfant est encouragé à essayer à son rythme, sans comparaison ni compétition.
  • Les instructeur·ices valorisent l’effort, la persévérance et les stratégies mises en place en donnant aux enfants des feedbacks positifs spécifiques.
  • Les enfants évoluent dans un cadre structurant et bienveillant où ils peuvent essayer, oser et se dépasser en toute confiance.
  • Les émotions (peur, fierté, frustration, excitation) sont reconnues, accueillies et valorisées.

Bouger, essayer, recommencer, réussir… ou pas encore : tout cela participe à la construction d’une confiance solide, utile bien au-delà de la salle de gym !

Article rédigé le 03-02-26 par Anaïs Hennebel, psychomotricienne et instructrice chez The Little Gym Uccle

Bibliographie :

Boulch, J. L. (1983). Le développement psychomoteur de la naissance à 6 ans : conséquences éducatives, la psychocinétique à l’âge préscolaire.

Costa, A. (2025, 29 juillet). Valoriser l’erreur motrice chez l’enfant. Swiss Kinetics Academy.https://swiss-kinetics.ch/valoriser-erreur-motrice-enfant/

Tafflet, M., Saïd, M., Bernard, J., & Charles, M. A. (2023). Développement psychomoteur de l’enfant – Inventaire du Développement de l’Enfant (IDE).

Wallon, H. (1968). L’évolution psychologique de l’enfant. Paris, A. Colin

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